Madonna et le stade Vélodrome

18 août 2009

En juillet 2009, 2 ouvriers sur un chantier à Marseille au stade Vélodrome trouvent la mort. Ils étaient en train de monter un chapiteau pour un spectacle devant être donné quelques jours plus tard par la chanteuse Madonna.

La presse s’empare de l’affaire, commente, critique. Elle fait son travail. Il ya eu accident du travail.

Est considéré comme un accident du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail (a. L 411-1 du C.S.S.)

Il y a là sans doute une faute inexcusable de l’employeur dont celui-ci aura à répondre devant les tribunaux.

En effet, en vertu du contrat de travail le liant à son salarié, l’employeur est tenu envers celui-ci d’une obligation de sécurité de résultat, notamment en ce qui concerne les accidents du travail; le manquement à cette obligation a le caractère d’une faute inexcusable au sens de l’article L 452-1 du Code de la Sécurité Sociale, lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié, et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver.

Donc les médias pendant quelques jours de suite, y compris à la « grand messe » du 20h ne cessent de disserter et de discourir sur ce terrible accident.

Mais la question pernicieuse est de savoir si la presse s’est saisie de cette affaire parce qu’il est insupportable que des salariés meurent en faisant leur travail ou bien si la presse s’est saisie de cette affaire parce que l’utilisatrice de ce chapiteau, quelques jours plus tard, était Madonna. Dans ce cas l’accident du travail n’est qu’un prétexte pour une presse qui n’a d’autre objectif que de faire dans le people.

A cette question, la réponse va être donnée de manière cinglante deux jours après.

Un de mes clients dans l’Hérault, fabricant de piscines en coque, livre sur un camion une piscine à de singuliers inconnus. La grue qui décharge la piscine coupe malencontreusement un câble de haute tension (20 000 volts). Résultat : Deux préposés de l’entreprise meurent sur le coup, foudroyés net.

La presse reste quasi muette sur cette affaire. Evidemment si la piscine avait été destinée à une célébrité on aurait eu droit au même traitement que dans le cadre de l’accident du stade Vélodrome. La presse n’a donc pas fait son travail consistant à attirer l’attention sur les risques des câbles haute tension qui sillonnent nos chemins, routes et campagnes.

Cet accident tombe sous le coup du même article L 452-1 du Code de la S.S. Il s’agit de la faute inexcusable de l’employeur. Mon client sera certainement poursuivi sur ce fondement. Je plaiderai sans vouloir l’exonérer de sa responsabilité qu’EDF est également coupable de laisser ainsi de telles lignes alors qu’il faudrait les enterrer.

C’est donc un appel que je lance à tous ceux qui connaissent des situations ou des cas où le non enfouissement de ces lignes a causé ou risque de causer à nouveau de mortelles victimes. Que ce procès qui interviendra, au-delà du sort qui sera réservé à mes clients et qui n’intéressent bien évidemment qu’eux, serve à mettre en évidence la responsabilité d’EDF. Et là, on ne parle pas que de préjudice esthétique qui défigure nos paysages mais bien de vies humaines qu’il faut préserver.

Quant aux médias, une fois de plus, ils ont démontré que même ceux qui s’affirment soi disant sérieux, n’ont d’autre objectif que de faire comme ceux qui s’affichent ouvertement tendance people. Au moins ces derniers ont la franchise d’avouer ouvertement que la seule chose qui les intéresse, c’est bien de vendre des infos, quelles quelles soient, aussi dramatiques qu’elles puissent l’être, dés lors qu’elles concernent une célébrité.

Mais cela vous étonne-t-il vraiment ?

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